Face à l’impunité du régime laotien, ne nous taisons pas !

Libération: 15 Décembre 2016

Anne-Sophie Gindroz, ancienne directrice de Helvetas Swiss Intercooperation au Laos

Sombath Somphone en 2005. Il avait fondé l’ONG Padetc. Photo Bullit Marquez. AP

Fondateur d’une ONG de soutien aux paysans, le leader communautaire Sombath Somphone est porté disparu depuis quatre ans. Les autorités du Laos sont pointées du doigt pour leur autoritarisme et leur politique répressive.

Il y a quatre ans, le leader communautaire Sombath Somphone était enlevé devant un poste de police à Vientiane au Laos. C’était le 15 décembre 2012. Dans d’autres pays, la police lance généralement un appel au public pour rechercher la personne disparue. Pas au Laos où l’on vous intime de ne pas poser de questions. Dans d’autres pays, la police accueille favorablement toute aide. Pas au Laos où les offres d’assistance ont été systématiquement refusées. Dans d’autres pays, la population et les médias sont encouragés à diffuser l’information. Pas au Laos où les avis de recherche affichés ont été déchirés et la publication dans les journaux est soumise à autorisation spéciale. (more…)

L’activiste Sombath Somphone, spectre gênant pour le régime laotien

Libération: 2 août 2016

Sombath-Magsaysay

Sombath Somphone en 2005. Il avait fondé l’ONG Padetc.

Le défenseur des petits paysans a été enlevé fin 2012 dans des conditions troubles. Au Timor oriental, une conférence citoyenne se penche sur sa disparition.

Il est l’un des disparus les plus célèbres d’Asie du Sud-Est. Et pour les autorités du Laos, Sombath Somphone est devenu un nom à taire, sinon une vie à occulter. Car dans la petite république démocratique populaire coincée entre le Vietnam et la Thaïlande et dans l’orbite de la très gourmande Chine, ce fondateur d’une ONG de soutien aux paysans, 64 ans, est un proscrit. Son histoire, emblématique de la situation des droits de l’homme en Asie, doit être évoquée à la conférence sur la société civile de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean) qui se tient à Dili, au Timor oriental, jusqu’au 5 août. (more…)

Une dictature pas très dérangeante

Le Courrier: 18 avril 2016

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Sombath Somphone était la figure la plus visible de la société civile laotienne. Il avait 60 ans lorsqu’il a disparu après avoir été arrêté par la police laotienne en 2012. Son amie suisse Anne-Sophie Gindroz (médaillon) raconte.

La république populaire du Laos ne tolère aucune protestation face à ses projets de barrages ou miniers . La coopérante Anne-Sophie Gindroz en a fait les frais en 2012. Elle signe un livre poignant.

Géographiquement pris en sandwich entre la Thaïlande et le Vietnam, le Laos est un pays qui fait peu parler de lui. Cette discrétion sur le plan international semble convenir au régime autoritaire en place qui continue à réprimer toute opposition impunément – notamment par des disparitions forcées.

Les simulacres d’élections législatives du 20 mars dernier n’ont trompé personne mais n’ont guère suscité de protestations de la part de la communauté internationale. Une situation qui a le don d’irriter Anne-Sophie Gindroz, ex-coopérante de l’œuvre d’entraide suisse Helvetas, qui a été expulsée du Laos en 2012. Un peu plus de trois ans après les faits, elle publie un livre1 qui retrace son travail sur place auprès des communautés locales chassées de leurs terres par le gouvernement «communiste» et relate les circonstances de son éviction. (more…)

Laos : Le Gouvernement se moque de l’examen des droits de l’homme de l’ONU

FIDH-MLDH: 03 Juillet 2015

MLDH LMHR-LogoParis, 30 Juin 2015 : Le refus du Gouvernement Lao d’accepter les recommandations clé formulées lors de son dernier Examen Périodique Universel (EPU) a tourné en farce le processus de révision des Nations Unies, ont déclaré aujourd’hui la FIDH et son organisation membre, le Mouvement Lao des Droits de l’Homme (MLDH).

“L’attitude défensive du gouvernement lao et ses refus généralisés ont fait de son EPU une mascarade. Le dernier EPU du Laos a clairement montré l’absence de volonté de Vientiane à résoudre les sujets importants en matière des droits de l’Homme » , a souligné le Président de la FIDH M.Karim Lahidji.

FIDH-LogoLe 23 juin, le Laos a accepté 116 des 196 recommandations préconisées lors de son second EPU en janvier 2015. Selon Thongphane Savanhphet, le représentant permanent du Laos, auprès de l’Office des Nations Unies à Genève, les autres 80 recommandations « n’ont pas recueilli le soutien total » du gouvernement.

La réponse du gouvernement a été particulièrement insuffisante sur le sujet des disparitions forcées. Le gouvernement a rejeté l’ensemble des huit recommandations qui appelaient à mener une enquête pour toutes les allégations de disparitions forcées dans le pays, considérant ces allégations comme « non conformes à la réalité ». Par un tour de passe- passe incongru, le gouvernement a reconnu la disparition du proéminent leader de la société civile Sombath Somphone, mais a accepté seulement quatre des dix recommandations appelant à enquêter sur sa disparition. Dans les explications évoquées pour le rejet des six recommandations relatives au cas de Sombath, le gouvernement a livré une propagande désuète et n’a pas fourni d’informations nouvelles concernant ses prétendues tentatives pour déterminer le sort de Sombath. Le gouvernement a déclaré que le Comité d’Investigation était « ouvert à tout avis ou toute suggestion des parties intéressées » et l’enquête menée par les autorités concernées était « toujours en cours ». (more…)

En Asie du Sud-Est, la liste des militants "disparus" s'allonge

RTL Info: 12 Décembre 2014 SM-FCCT-02
Deux ans après la disparition de Sombath Somphone, célèbre militant laotien, sa femme se désespère de savoir ses ravisseurs toujours impunis. Un cas loin d’être isolé en Asie du Sud-Est, où l’enlèvement est fréquemment utilisé pour imposer le silence aux contestataires.

“Faire disparaître quelqu’un est un crime particulièrement cruel. C’est très difficile de vivre avec cette inconnue”, explique à l’AFP lors d’un passage à Bangkok Ng Shui-Meng, Singaporienne à la voix douce, et qui vit au Laos depuis 30 ans.

Sous ce régime communiste autoritaire qui s’ouvre timidement ces dernières années, la disparition, le 15 décembre 2012, du fondateur de l’ONG Participatory Development Training Center (PADETC) a profondément choqué la société civile.

Mais aussi la communauté internationale: des personnalités telles que le secrétaire d’Etat américain John Kerry, le sud-Africain Desmond Tutu ou Hillary Clinton ont réclamé une enquête. Car dans le cas de Sombath, l’enlèvement fait peu de doutes.

Des images prises par des caméras de vidéosurveillance le montrent en effet s’éloignant d’un poste de police avec deux individus non identifiés dans les rues de la capitale Ventiane.

Depuis ce jour, son nom est venu s’ajouter à une liste déjà longue de “disparus” de la région. (more…)